L’Etat réclame un « trop-perçu » aux agriculteurs retraités

D’anciens agriculteurs viennent d’attirer mon attention en cette fin d’année sur la question de leurs retraites. Plusieurs d’entre eux vont devoir rembourser une partie des pensions de retraite qu’ils auraient trop perçues. Lorsque l’on sait, qu’en moyenne, un agriculteur en retraite touche 741 euros par mois, pour avoir travaillé plus de 30 ans de sa vie 57 heures par semaine, l’affaire paraît ahurissante.

Il se trouve que les exemples qui m’ont été rapportés ne semblent pas isolés. En effet, ce sont près de 250.000 anciens agriculteurs qui viennent de recevoir une demande de la caisse de Sécurité sociale du monde agricole, la M.S.A., leur signalant qu’ils avaient reçu une pension trop importante. Cette erreur s’explique par le fait qu’à l’époque, désireux de faire oublier son mépris des classes populaires et des « sans-dents », François Hollande avait souhaité une légère revalorisation des retraites paysannes. Or visiblement, la M.S.A. aurait été trop large par rapport aux exigences présidentielles, augmentant pourtant seulement de 3 points le chiffre proposé initialement par l’Elysée. Le trop-plein perçu correspondrait à 346 euros par mois. Nous sommes pourtant bien-loin des 350.000 euros du voyage qu’a coûté le vol retour du Premier ministre.

Résultat : les retraités agricoles doivent encore essuyer les pots cassés d’un bilan socialiste catastrophique, puisque non contents d’avoir connus une revalorisation minimaliste de leurs pensions, les paysans devront rembourser chaque mois 128 euros. Merci Monsieur le Président !

Jacques Bompard

Edouard Philippe plane complètement

Matignon a dépensé la modique somme de 350.000 euros pour le vol, soi-disant privé, d’Edouard Philippe depuis la Nouvelle-Calédonie. Après tout, cela ne représente que cent cinquante fois la somme annuelle qu’un Français moyen consacre à son budget transport ! Soit quelque chose de purement dérisoire.

Tout le problème, c’est que ce vol a peut-être été privatisé pour le confort de l’hôte de Matignon, mais son financement quant à lui ne l’est en rien, puisque ce sont bien les contribuables français qui vont régler les 350.000 euros. Et tout le paradoxe, c’est que ce vol a été spécialement affrété pour permettre le retour plus rapide du Premier ministre en France afin de permettre le départ d’Emmanuel Macron vers l’Algérie … ce pays qui chassa la France de chez elle. Donc payer 350.000 euros pour un Premier ministre qui est allé fleurir la tombe des leaders indépendantistes kanaks en Nouvelle-Calédonie et permettre dans le même temps un voyage en Algérie, reste un acte de provocation inouï. Monsieur le Premier ministre dit « assumer » ce vol mais la vérité c’est que seul le contribuable l’assumera.

Laurent Wauquiez est-il un espoir pour l’union des droites ?

Dans la longue suite des non-événements de l’histoire politique de la Vème République, l’élection de Laurent Wauquiez à la tête de Les Républicains dimanche 10 décembre a toute sa place. Suivant les obsèques pompeuses de Johnny, l’actualité du moment, le triomphe interne de Laurent Wauquiez ne crée ni la surprise ni l’allégresse, malgré un score frôlant les 75%, avec une participation honorable puisque 100 000 adhérents se sont prononcés sur les 235 000 que compte le parti.

Wauquiez à la tête de LR ? Une nouvelle annoncée depuis la fin de « la primaire de la droite et du centre » remportée par François Fillon il y a plus d’un an. Ses challengers d’ailleurs n’étaient que des figurants en mal de reconnaissance ou d’arrivisme, en l’occurrence Florence Portelli et Maël de Calan : une conseillère régionale d’Ile-de-France et un conseiller départemental du Finistère… On a connu la droite de gouvernement, comme elle se nomme, plus ambitieuse.

Quant au victorieux Wauquiez, brillant produit des grandes écoles de la République, il n’en finit plus de vouloir faire peuple et enraciné au risque du ridicule. Je m’interroge donc sur ses réelles ambitions pour le pays. Sur la sienne propre, peu de doutes subsistent. Il ne pense qu’à l’Elysée dit-on, et il ne le dément pas. Non, en vérité je me demande si le Parisien de la Haute-Loire veut rassembler les droites de conviction et se jeter dans la bataille de France pour entamer un réel redressement du pays, ou appâter le chaland comme son modèle et prédécesseur Nicolas Sarközy… Beaucoup de verbe et puis par la suite toujours plus d’immigration, de reniement, de ventes des biens français à l’étranger, et de cocufiage électoral. Bref du grand classique de la droite gaulliste depuis 60 ans : une fois au pouvoir, il n’y a que les promesses qui restent de droite.

Alors, toujours militant de l’union des droites, je ne peux injurier l’avenir ni même Laurent Wauquiez, mais la prudence commande de ne pas être dupe une nouvelle fois. Je rejoins l’analyse du nouveau président des Républicains lorsqu’il déclare dans Causeur : « Depuis trente ans, certains dans ma famille politique ont accumulé une telle série de démissions et de renoncements idéologiques que le seul sujet qu’ils s’autorisent à débattre, c’est la bonne gestion des déficits comptables. Tout cela pour savoir si le déficit doit être à 2,9 ou 3,1% du PIB… » Doit-on cependant y croire ? Son parcours ne relève pas de la plus grande cohérence idéologique passant du centrisme européiste et béat à un populisme droitier qui confond convictions et emportements médiatiques. Le profil droitier de Laurent Wauquiez est surtout mis en exergue par des médias de gauche en mal de démon à combattre. Adoptant un discours qui se veut ferme sur la défense des valeurs, envoyant des signaux conservateurs au noyau dur de son électorat, Laurent Wauquiez n’a rien renié de la feuille de route mondialiste. Il le dit lui-même : « Réussir dans la mondialisation n’empêche pas de rester un peuple ». Or, c’est bien là que le bât blesse car la mondialisation aussi bien dans ses racines idéologiques que dans les faits détruit les peuples qui sont autant d’obstacles à son accomplissement.

L’élection de Laurent Wauquiez, et surtout la situation incertaine du parti Les Républicains, ont fait quitter le navire à ceux qui ne jurent que par leur ambition personnelle. L’état-major de LR n’a jamais été autant à droite lit-on de Libération à L’Humanité. Ciel, un parti de droite s’affirmant de droite… Quel scandale !

Permettez-moi cependant de ne pas me reposer sur la fidélité aléatoire des paroles d’un ancien ministre. Je préfère constater avec cette élection interne que la grande majorité des adhérents LR se reconnaissent, eux, dans une défense claire et offensive de l’identité et de l’enracinement. Si les électeurs ont voté Wauquiez, c’est justement parce qu’il représente à cet instant celui qui porte cette défense au milieu d’un néant politique rarement constaté. Je le redis ici, l’union des droites ne se fera que par les militants et les électeurs, et par l’entente ponctuelle et progressive des élus locaux. Je ne compte pas sur une direction de parti, esclave d’intérêts bien éloignés du bien commun, pour réaliser une quelconque union qui ne peut réussir que si elle s’impose aux dits partis comme un fait. En clair, espérons que les chefs suivront leurs troupes, et que les troupes marchent dans le bon sens.

Jacques Bompard

Corse : le véritable localisme sauvegardera la France et son unité

Sans surprise, le second tour des élections territoriales en Corse ne fait que confirmer le premier : les nationalistes amplifient leur victoire en ayant convaincu 13.000 Corses supplémentaires entre les deux tours de scrutin. Au total, les nationalistes ont réuni 56,5% des électeurs, ce qui leur permettra de disposer de 41 sièges sur 63 à l’Assemblée de Corse et de 11 au sein du Conseil exécutif.

Comment l’Etat a pu en arriver à une telle situation avec les Corses, qui avaient jusqu’à présent la France chevillée au cœur et au corps bien plus que nombre de Français vivant en métropole ? Il convient d’abord de s’interroger sur l’origine du nationalisme, d’une manière générale. Il naît du sentiment très puissant d’appartenance, pour de multiples raisons, à un peuple uni autour d’une communauté de destin, fondée sur des faits concrets suscitant des liens de solidarité. Une langue commune, une religion, une civilisation, un art de vivre, autant de trésors que nous avons en partage. L’amour des paysages, des souvenirs communs, une Histoire faite de luttes, de victoires et de défaites qui nous font rêver ou pleurer autour de héros et de Saintes qui nous appartiennent.

Depuis au moins une soixante d’années, qu’offre l’Etat aux peuples de France, si ce n’est l’ultra-libéralisme, la négation des lois naturelles, le regain de l’égoïsme, de l’hédonisme et du plaisir immédiat qui priment sur les lois les plus fondamentales ? Après le mirage d’une régionalisation qui aurait pu présenter un véritable intérêt, le centralisme est revenu en force mais plus dévoyé que jamais. Il n’a fait que s’exercer au détriment des Français et au bénéfice des plus lointains qui bien souvent haïssent notre civilisation et notre culture, nous imposant progressivement la leur avec l’appui sournois de tout ce qui fait le prêt à penser totalitaire et dictatorial. Le communautarisme détruit la communauté nationale de toutes nos petites patries. En Corse, comme en Provence et comme partout ailleurs !

Pour reprendre la pensée de Plutarque, la matrie, à savoir cette identité locale qui nous est proche, se substitue à la patrie. C’est pour cela que le vent de l’autonomisme ou de l’indépendantisme est en poupe du côté de la Corse comme de la Nouvelle-Calédonie, car il permet de réaffirmer une identité compensatrice face à l’effacement progressif de l’Etat dans ces territoires. Nous savons que la Corse, et plus encore la Nouvelle-Calédonie, ont été victimes ces dernières années d’une vague migratoire sans précédent avec près de 17% d’étrangers sur le sol de l’archipel calédonien. De plus, l’Europe, totalement disposée à l’éclatement des Etats-Nations a toujours entretenu de bonnes relations avec les sécessionnistes de ces territoires afin d’encourager le courant indépendantiste. Il est d’ailleurs aberrant de constater que les principaux investissements régionaux sont le fait de l’U.E. par l’intermédiaire du programme Leader, qui n’hésite pas à déverser des millions d’euros dans bon nombre de nos territoires ruraux. C’est ainsi que peu à peu l’Etat laisse sa place à l’Europe, qui en retour justifie la pression régionaliste. Enfin, il aurait fallu montrer aux Calédoniens comme aux Corses en quoi ils étaient intégralement des citoyens français et en quoi leur identité locale participe de la construction de notre communauté nationale.

Si la République française, qui se dit « une et indivisible », continue la même politique de haine des intérêts du peuple, de stricte soumission aux volontés des financiers qu’ils soient trafiquants de drogue, d’armes, de pétrole, alors la Nouvelle-Calédonie et nos territoires ultra-marins nous abandonneront, la Corse et les autres Provinces prendront aussi le large.

Face à ces défis, un combat colossal mais plus que jamais nécessaire reste possible. C’est le combat local pour la création d’une élite locale qui puisse proposer une réelle alternative par le respect du bien commun. Il est plus que jamais vital d’inciter à l’émergence de forces ou d’hommes neufs, qui soient exclusivement voués à l’exercice du bien commun, bien loin des combinaisons politiciennes et tacticiennes qui méprisent nos territoires et la réalité locale. Ce n’est pas en continuant avec les mêmes stratèges de la communication ou de la politique politicienne, qui ne font que se vendre tout en vendant le pays au plus offrant, que les Français retrouveront cet art de vivre si propre à la France. Permettre aux singularités locales de s’exprimer, c’est faire vivre en retour notre communauté de destin nationale.

Jacques Bompard