Les marchés contre les producteurs !

Dans un portrait du mercredi 15 février, Libération nous apprenait que Régis Maingy, producteur de lait qui s’était exprimé dans une émission télévisée, a été discriminé par Lactalis quant à sa production laitière. Dans un article pour une fois poignant, c’est toute l’absurdité du système de production laitière qui éclate.

Certes des solutions intellectuelles et politiques existent : lutte contre la concentration des centrales d’achat, préférence des circuits courts, primat de la qualité sur la quantité. Évidemment, la Ligue du Sud soutient l’ensemble de ces évolutions. Mais l’enracinement oblige aussi à considérer la réalité de l’appareil productif français.

Cette réalité est l’aboutissement d’une mise au pas de tous les paysans français. Jacques Bompard n’a cessé de le rappeler au cours de ses mandats et de sa carrière politique. La Vème République a assassiné notre agriculture.

Comme nous le rappelions sur l’accaparement des terres agricoles, ni le communisme des terres, ni la marchandisation totale de la Nature ne sauraient constituer une solution. Aussi, La Ligue du Sud s’engage à maintenir le combat pour un retour du bon sens dans la production agricole et spécifiquement laitière.

Parce que notre indépendance alimentaire vaut plus que leurs arrangements.

Viol : une victime sur cinq n’a jamais parlé de son agression

Selon Amnesty International, 90% des violeurs n’auraient aucune pathologie mentale et 71% [1]des viols seraient prémédités. Seulement 13% se déclarant victime ont déposé plainte. Parmi les victimes qui n’informent ni la police ni la gendarmerie, 31% considèrent que « les faits ne sont pas graves ». En outre, 85% des victimes ne font pas appel aux associations ou aux centres d’appel dédiés.

Victime d’une double peine, l’agression et la honte, la plus part des femmes ne dénoncent pas le viol qu’elles ont subis. Soupçonnées d’être au moins partiellement responsable, la plus part d’entre elles se terrent dans le mutisme. A l’heure de l’ensauvagement de la société, et d’un nouveau rapport aux femmes, ces dernières n’ont plus confiance dans la justice. Actuellement, elles n’ont qu’une chance sur seize de voir leurs violeurs condamnés.

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Toujours dans l’illusion que des campagnes publicitaires peuvent venir à bout de tous les maux, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) a recommandé au gouvernement de lancer une campagne de sensibilisation. Naturellement, cette action n’est pas suffisante et relève même de l’absurde tant elle est déconnectée de la réalité.

Qu’il n’en déplaise donc à certains, la seule prévention efficace est l’exemplarité des peines.

En février 2016, le député Jacques Bompard avait proposé à l’Assemblée nationale une loi visant à lutter contre toutes les violences faites aux femmes. Il avait dénoncé un trop fort taux de correctionnalisation des crimes de viols, entre 50% et 70% des cas. Qualifiant notre système judiciaire de « lâche » qui ne punit pas ces crimes à la hauteur de leur gravité, il enjoint aujourd’hui le gouvernement d’en finir avec « cette négation quasi systématique ». Selon lui, il est plus que temps à donner à nos concitoyennes le signe d’engagement aux côtés de ces femmes oubliées.

A l’heure où l’actualité donne une tragique image de la police, il est urgent de restaurer en France, un Etat fort et une justice irréprochable.

 

[1] Journal Libération jeudi 9 février 2017

Renforcement de la justice pénale : un éveil bien tardif

A l’orée de l’élection présidentielle, les parlementaires se sont enfin résolus à sortir de leur torpeur. Les Sénateurs discutaient hier une proposition de loi visant à « renforcer l’efficacité de la justice pénale », en luttant contre la récidive et réduisant les possibilités d’aménagement des peines tout en en renforçant l’automaticité. Déjà, les haros des syndicats conditionnés aux ressorts permissifs des législations du quinquennat se font entendre. L’Union syndicale des Magistrats va jusqu’à souligner les écueils « démagogiques » d’un texte aux prétentions « incarcératrices ».

Des années de laxisme ne leur auront pas suffi. Les remarques des présidents d’audience, déclarant aux voleurs récidivistes « Ne vous inquiétez pas, sa peine sera aménagée », ne viennent ébranler leurs perspectives obtuses. Les revendications des procureurs, expliquant qu’il leur faut désormais requérir deux ans de peine pour que les délinquants effectuent six mois de prison, ne font chanceler leurs certitudes.

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Non. Désormais, seules 30% des peines de prisons prononcées s’accompagnent d’une privation de liberté. Ça et là, on souligne les manques d’effectifs parmi les greffes, des parquets saturés. Et pourtant : la véritable lacune ne réside pas là. C’est encore aux complexités d’une administration requérant deux convocations chez les JAP, plaidant à la perpétuelle évaluation des situations individuelles, qu’on doit cette absence de toute intervention autoritaire dans la prononciation des sanctions. Confortés dans leur crime, les délinquants se voient au mieux sanctionnés d’un bracelet électronique, au pire d’une semi-liberté ou d’une obligation de se voir prodiguer des soins médicaux.

Un tel laxisme dans l’exercice punitif ne date pas de ce quinquennat : déjà, le gouvernement précédent sanctionnait bien mollement la délinquance. De l’aménagement des peines d’emprisonnement inférieures à deux ans (Rachida Dati, 2009) à l’instauration du crédit de réduction automatique de peine (Nicolas Sarkozy, 2004), le laxisme d’Etat a été installé par une droite qui en appelle aujourd’hui au retour de l’autorité.

Alors qu’au mois d’octobre, ma proposition de loi visant à rétablir la peine de perpétuité réelle a été accueillie dans le silence confondant de la majorité comme de l’opposition, on ne peut que saluer cette disposition des Sénateurs Les Républicains. Cette mesure, que prend une droite dont la seule velléité s’avère une nouvelle fois dictée par son empressement de s’ériger à la tête du gouvernement de demain…

Orange mérite mieux que de la bave et de la bile du FN

yann-aout-2016-page-001La chose étant devenue hebdomadaire (pour ne pas dire obsessionnelle) c’est sans surprise que je prends connaissance du communiqué de presse du FN vauclusien de ce jour rédigé par le directeur de cabinet du maire du Pontet et par le « chargé de mission » front national d’Orange.

Il m’est reproché d’être conseiller départemental et collaborateur parlementaire mais également fils du maire d’Orange et, hormis ces deux charges, ne pas avoir eu de précédentes expériences professionnelles.

Ce qui est surprenant, c’est que cette critique vient, tout le monde le sait, de deux membres de ma famille, le premier par le sang (Xavier Magnin), le deuxième par alliance (André-Yves Beck).

Plus surprenant encore, l’un comme l’autre ont effectué leur carrière professionnelle uniquement grâce à Jacques et Marie-Claude Bompard. De source sûre, je sais également que leurs salaires étaient très largement supérieurs à ceux que je perçois en tant que conseiller départemental et collaborateur parlementaire.

Qui peut croire que M. Magnin aurait été embauché au Pontet s’il n’avait eu sa première opportunité en mairie d’Orange ? Lire la suite

Le laxisme est criminel!

laxisme-gendarmerieLe laxisme est criminel.

Et pas simplement dans les territoires périphériques. En Ariège, la vie d’un gendarme, d’un père de famille, a été fauchée par un multirécidiviste il y a deux jours. Le suspect avait commis près de 50 délits et comptabilisait plus d’une vingtaine de condamnation. Il faut dire que certaines prédispositions s’étaient rapidement faite jour puisque ce personnage était connu pour une affaire de viols sur mineur alors qu’il n’avait que 14 ans.

Sa dernière interpellation remonte à octobre dernier. Mais un article de France 3 Midi Pyrénées nous en apprend encore davantage : « Et ainsi de suite : vols en 2008, cambriolage et violences volontaires aggravées en 2009, excitation à la violence de chiens dangereux, violences volontaires aggravées en 2010, 4 autres délits en 2012 dont des violences volontaires, 4 encore en 2013 dont une séquestration à Ax-les Thermes et des violences à dépositaire de l’autorité à Saverdun, 3 en 2014 dont violences par un personne en état d’ivresse manifeste et 6 encore en 2015 dont conduite sans permis, violence sur conjoint, menaces de mort réitérée et infraction à une interdiction de séjour. » Lire la suite