Corse : Jacques Bompard livre son analyse

Dimanche 3 décembre 2017 ont eu lieu des élections territoriales d’un nouveau genre en Corse, puisqu’elles permettaient d’élire des représentants d’une collectivité unique qui remplacera dorénavant l’exécutif régional ainsi que les deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. A ce titre, je ne peux qu’approuver cette simplification administrative qui va dans le bon sens en permettant une possible réduction des coûts de fonctionnement et en instaurant un interlocuteur unique pour l’ensemble des Corses.
Ce qui est plus décevant, c’est la moindre participation citoyenne, puisque seul un électeur sur deux a daigné se déplacer pour ce scrutin, alors qu’il en va tout de même de l’avenir politique de la Corse. Toutefois, il est à remarquer que le succès électoral fut total pour le camp nationaliste. Le duo formé par l’autonomiste Gilles Simeoni, l’actuel président du Conseil exécutif Corse, et l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, a fait carton plein, en récoltant 45,36% des suffrages, soit 54.211 électeurs. Et nous pouvons ajouter à ce succès, le score de l’autre liste nationaliste conduite par Paul-Félix Benedetti qui obtient 6,69% des voix, soit plus du double que le score qu’il réalisait en 2015. Les nationalistes corses ont donc obtenu la majorité dès ce premier tour avec 52% des voix.
Bien évidemment, ces résultats ont une saveur particulière dans le contexte d’émancipation de la Catalogne qui a proclamé de facto le mois dernier son indépendance. Sans oublier, le cas de la prochaine auto-détermination de la Nouvelle-Calédonie qui renforce ces volontés indépendantistes.
De ces constats, nous pouvons tirer plusieurs conclusions.
D’abord, comment ne peut-on pas voir dans ce succès des abstentionnistes et des nationalistes corses, la défaite du jacobinisme républicain et donc d’un centralisme de plus en plus attaqué dans sa raison d’être ? D’ailleurs un exemple tend à le prouver, c’est l’échec de la stratégie très jacobine et parisienne du Front National, qui ne réalise à ces élections territoriales que 3% des suffrages, en étant d’ailleurs le seul parti à se réclamer ouvertement de la République, avec comme slogan « Rassemblement pour une Corse républicaine », en méprisant les enjeux locaux de la Corse. S’il est vrai qu’historiquement le centralisme a donné sa raison d’être à la France depuis le règne d’Hugues Capet, les dernières évolutions législatives, et plus particulièrement la loi Notre, ont favorisé l’émergence d’un centralisme dévoyé annihilant toute initiative locale. Et forcément, la conséquence immédiate est une aspiration à plus d’autonomie, d’où les résultats électoraux en Corse. Ces résultats témoignent du retour en force du localisme. Certes, le nationalisme corse est bien plus qu’un localisme, puisqu’il trouve ses racines dans un indépendantisme rêvant de faire sécession avec la France. Mais remarquons bien que les revendications nationalistes des Corses comme des Catalans correspondent bien à un sentiment d’appartenance, à la proclamation d’une identité spécifique, et surtout à l’affirmation d’une communauté politique intrinsèque avec ses propres droits et ses règles bref à un combat identitaire. Et à ce propos, il est possible de déceler des points de convergence avec le localisme, au sens où il s’agit de défendre nos identités locales et charnelles, nos traditions, et surtout une démocratie locale de plus en plus bafouée et menacée par le retour en force d’une administration lourde, à travers notamment l’intercommunalité fille de ce centralisme dégradé.
Ensuite se pose clairement la question de l’auto-détermination, éminente pour la Nouvelle-Calédonie et à venir pour la Corse. Théoriquement, la France ne peut pas accepter de brader une partie de son territoire. Mais pourtant, le gouvernement français est prêt à le faire. Nous voilà revenu au temps de l’Algérie française de 1961-1962. Il n’y a qu’à considérer l’attitude plus que conciliante du Premier ministre en visite ces derniers jours en Nouvelle-Calédonie en faveur de la communauté kanake, n’hésitant pas à rendre hommage aux leaders indépendantistes tués ainsi qu’à leur chef, Jean-Marie Tjibaou. D’ailleurs depuis 1988 les gouvernements qui se sont suivis ont tous eu la possibilité d’organiser un référendum sur l’auto-détermination, mais ils ont préféré laisser pourrir la situation. En fait, il est clair que l’Etat n’a plus en ligne de mire, concernant la Corse comme la Nouvelle-Calédonie et bien d’autres territoires, la défense du bien commun et du bon sens. En fait l’Etat a tendance à être à la fois trop et pas assez présent dans ces territoires. Trop à cause d’une super-structure administrative qui s’exerce à l’encontre des initiatives territoriales et ne prend pas suffisamment en compte les spécificités locales. Et pas assez car la Corse comme la Nouvelle-Calédonie font désormais partie des territoires oubliés de la République, comme bien d’autres, puisque l’Etat n’a pas été assez conscient pour répondre aux besoins quotidiens des habitants. A cette mal-présence de l’Etat s’ajoutent les dérives de la mondialisation qui effacent toute particularité localiste en prétendant à l’émergence d’un village global. Et la non-Europe, que l’on nous propose ces dernières années, a bien compris tout l’intérêt qu’il y avait pour elle à favoriser l’émergence de revendications indépendantistes, dans le but de détricoter le modèle de l’Etat-Nation.
Il est donc grand temps d’en revenir à la défense de nos identités locales et charnelles afin d’éviter toute tentative de sécession qui est toujours dommageable. En ce sens, nous comprenons le vote des Corses qui vise à exprimer cette demande d’un retour au localisme, que pour notre part avec La Ligue du Sud nous défendons, contre les dérives libérales et mondialistes destructrices de notre identité.

Lutte contre la GPA : Marie-France Lorho continue le combat !

La gestation pour autrui révolte l’âme et la conscience des Français. Ce marchandage de la vie et du corps des femmes-souvent parmi celles qui sont déjà les plus éprouvées par la vie- montre bien que si une civilisation peut mourir, elle peut encore plus aisément s’avilir.

A force de ruptures anthropologies et de démissions dans la protection de la famille, les gouvernements successifs ont discrètement laissé cette pratique prospérer sur notre territoire. Ils ont toujours les droits de l’homme et la défense des femmes à la bouche, mais quand il s’agit de combattre les logiques marchandes, leur courage disparaît soudainement. Nous savons bien, d’ailleurs, qu’il n’est que de façade.

Ainsi, la lettre d’information Génétique nous informe aujourd’hui de la volonté de la société américaine «  Extraordinary Conceptions » d’accroître ses activités en France. L’expression consacrée chez ces partisans du retour à la barbarie est de permettre la maternité de substitution en Europe. Or toute mère sait que la maternité peut être sociale ou physique mais qu’elle n’est jamais « de substitution ».

Je serai particulièrement attentive à ce sujet afin d’alerter en permanence les pouvoirs publics au sujet des velléités financières de ces entreprises en Europe et en France. C’est la vérité qui rend libres les enfants, pas les dissimulations d’Etat.

Pour un arrêt de l’intégration de la Turquie dans l’Europe

C’est Angela Merkel qui le dit : « Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir membre de l’Union Européenne ». Une déclaration qui tranche avec nombre d’atermoiements européens, et notamment allemand, sur la question et ce pendant des décennies. Si les experts rappellent qu’il s’agit là d’une aggravation des difficultés diplomatiques entre Berlin et Ankara, il faut se réjouir d’une position aussi tranchée.

Dans les derniers mois, la Turquie a brillé par ses errements : vrai-faux coup d’état, incarcération de militants kurdes, chasse aux journalistes. Enfin, jusqu’à un tournant récent, le soutien officiel de la Turquie à certaines factions islamistes en Syrie et ailleurs ne pouvait que contrevenir à l’équilibre oriental. Continuer la lecture

Budget de la sécurité sociale : les médecins harassés

Marie-France Lorho a interrogé le Ministre de la Santé sur les inquiétudes des médecins – notamment les professions libérales – alors qu’est en train d’être préparé le budget de la Sécurité Sociale.

 » Quelles dispositions compte prendre Madame le Ministre à l’issu de la préparation du budget de la sécurité sociale, de façon à soutenir diligemment les médecins et pallier à une désertification médicale de plus en plus alarmante ? » a demandé le député de Vaucluse au Ministre.

Retrouvez ci-dessous la lettre ouverte au ministre de la Santé.

Les retraités vont-ils subir une nouvelle baisse de leurs retraites ?

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de la Santé sur la baisse significative des retraites que risque de subir une bonne part de cotisants, notamment les retraités poly-pensionnés. « Quelles mesures comptez-vous prendre pour que les retraités poly-pensionnés ne voient pas leurs retraites baisser de façon significative ? Etablirez-vous un droit de recours temporaire destiné à pallier à la diminution de leurs retraites à la suite de l’application de la réforme ? », a interrogé le député de Vaucluse.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France LORHO au ministre de la Santé.