Le Front National et les mosquées

Après les scandales d’Hénin-Beaumont, de Fréjus, et des déclarations de Marine Le Pen et de sa nièce sur la solubilité de l’islam dans la France, on pensait que le Front National se garderait de toute nouvelle provocation. C’est d’ailleurs ce qu’évoquaient leurs militants. Combien de fois n’avons-nous pas entendu : « Juré, je ne suis pas d’accord avec cette ligne-là ». Dont acte. Les Vauclusiens avaient la réputation d’être parmi les « durs » du Fn.

La récente tribune d’Hervé de Lépinau nous laisse pourtant songeur. Dans un premier paragraphe de présentation des faits, le lieutenant de Marine Le Pen n’ose pas même évoquer une fois la culpabilité islamiste de ces faits. Mieux, il avance : « C’est pourquoi nous lançons un appel aux citoyennes et citoyens de confession musulmane soucieux du bien commun afin qu’ils contribuent à la lutte contre la radicalisation de l’islam dans notre commune ». On dirait du Nathalie Kosciusko-Morizet. Peut-être un appel du pied à son ancien camp ?

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Projet de la Mosquée d’Hénin-Beaumont

De deux choses l’une : soit le Front National précise et amende ce communiqué inquiétant, soit le Front National ne prétend plus faire partie des résistants à l’islamisation de notre pays et à ses conséquences sanglantes. En effet, qui n’a pas un haut-le-cœur en lisant : « un pseudo « Etat islamique », véritable internationale du crime et promoteur d’un fascisme vert se revendiquant d’un islam radical. » Nous sommes heureux d’apprendre aux militants du Front, que l’Etat islamique n’est pas fasciste, mais applique bien une version littérale du Coran. En se grimant derrière les méthodes de la bien-pensance, ce parti verserait dans le camp des traîtres à la France, à son identité et à sa survie.

Allez, monsieur de Lépinau. Votre présidente a beau vous dicter une conduite électorale qui écœure jusqu’à vos troupes. Mais au moins ne cédez pas sur les fondamentaux. Même monsieur Aubert va plus loin que vous.

Les Français ne veulent pas être les nouveaux romains réduits à néant par les invasions barbares.

Sophie Montel : une politique au gré de l’électorat

Le Front National n’en est plus à une contradiction près. Après Marine Le Pen et ses déclarations versatiles quant à l’interdiction des manifestations syndicales de fin juin, c’est au tour de Sophie Montel de voir ses contradictions révélées au grand jour.
Car l’absence d’une ligne politique stable au sein parti se fait ressentir avec de plus en plus de force à mesure que les velléités électorales se font plus pressantes. Et les arguments divergents n’en sont que plus saillants. Douze ans plus tôt, Sophie Montel, député européen, conduisait la liste du Front aux élections régionales de Franche-Comté. Soucieuse d’un patrimoine régional duquel, en regard de ses nouvelles fonctions parlementaires, elle n’allait bientôt plus avoir connaissance, elle soulignait la richesse de la chasse sur son territoire. On brandissait les vertus d’une pratique respectueuse « des usages et coutumes propre à chaque territoire », des « particularismes locaux », porteur d’une « mémoire et patrimoine collectifs ».

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Prêche à l’honnêteté douteuse. Car douze ans plus tard, la cible électorale visée a changé… aussi rapidement que les discours de Sophie Montel ! Désormais à la tête du collectif du « bien-être » animalier, la député revendique… l’interdiction de la chasse à courre. Une « pratique moyenâgeuse », dont le caractère traditionnel ne devait pas correspondre à la ligne d’un Florian Philippot avec lequel la parlementaire semble s’être subitement découvert des affinités profondes.

Adieu, richesse du patrimoine territorial. Adieu, « particularisme local [puisant] ses raisons d’être dans l’Histoire ». Car pour ces députés hors-sol, plus soucieux de leur siège à Bruxelles que de la terre de leurs pères, il n’est de pratique ancestrale qu’on ne puisse métamorphoser au gré d’une perspective électorale. Comme quoi, au FN comme ailleurs, dans les autres partis hors sol, les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent…

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