Sophie Montel : une politique au gré de l’électorat

Le Front National n’en est plus à une contradiction près. Après Marine Le Pen et ses déclarations versatiles quant à l’interdiction des manifestations syndicales de fin juin, c’est au tour de Sophie Montel de voir ses contradictions révélées au grand jour.
Car l’absence d’une ligne politique stable au sein parti se fait ressentir avec de plus en plus de force à mesure que les velléités électorales se font plus pressantes. Et les arguments divergents n’en sont que plus saillants. Douze ans plus tôt, Sophie Montel, député européen, conduisait la liste du Front aux élections régionales de Franche-Comté. Soucieuse d’un patrimoine régional duquel, en regard de ses nouvelles fonctions parlementaires, elle n’allait bientôt plus avoir connaissance, elle soulignait la richesse de la chasse sur son territoire. On brandissait les vertus d’une pratique respectueuse « des usages et coutumes propre à chaque territoire », des « particularismes locaux », porteur d’une « mémoire et patrimoine collectifs ».

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Prêche à l’honnêteté douteuse. Car douze ans plus tard, la cible électorale visée a changé… aussi rapidement que les discours de Sophie Montel ! Désormais à la tête du collectif du « bien-être » animalier, la député revendique… l’interdiction de la chasse à courre. Une « pratique moyenâgeuse », dont le caractère traditionnel ne devait pas correspondre à la ligne d’un Florian Philippot avec lequel la parlementaire semble s’être subitement découvert des affinités profondes.

Adieu, richesse du patrimoine territorial. Adieu, « particularisme local [puisant] ses raisons d’être dans l’Histoire ». Car pour ces députés hors-sol, plus soucieux de leur siège à Bruxelles que de la terre de leurs pères, il n’est de pratique ancestrale qu’on ne puisse métamorphoser au gré d’une perspective électorale. Comme quoi, au FN comme ailleurs, dans les autres partis hors sol, les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent…