Les réflexions des députés de la majorité lors de la prise de parole de Jacques Bompard contre le mariage pour tous

mqdefaultLe 18 avril 2013, Jacques Bompard prenait la parole à l’Assemblée pour s’opposer au projet de loi ouvrant «mariage et adoption pour tous».

Les réflexions de la majorité parlementaire prouvent (s’il en était encore besoin) le profond mépris des socialistes à l’égard du peuple.

Extraits:

M. le président. La parole est à M. Jacques Bompard.

M. Jacques Bompard. Monsieur le président, madame la garde des sceaux, monsieur le président de la commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, est-il encore besoin de ressasser les arguments que des millions de manifestants ont déjà clamés sous vos fenêtres ?

Plusieurs députés SRC. Non !

M. Jacques Bompard. Le Gouvernement est sourd, il préfère rester claquemuré sous les ors des palais de la République. Dehors, la foule gronde, parfois gazée (Murmures sur les bancs du groupe SRC), quelquefois battue par les forces de l’ordre ;…

M. Bernard Roman. Écartelée, empalée même !

M. Jacques Bompard. […]

Un enfant, madame Taubira, sera toujours le fils d’un père et d’une mère ; il aura toujours besoin d’un père et d’une mère.

Mme Ségolène Neuville. Et les familles homoparentales ?

M. Jacques Bompard. […]

Cela rime à la dénaturation du mariage, à la destruction de la famille, à la mutilation de ceux qui subissent.

Mme Clotilde Valter. Lamentable !

M. Jacques Bompard. Il est un homme et une phrase dont vous, socialo-mondialistes, devriez vous souvenir. Jaurès disait : « À celui qui n’a rien, il reste la Patrie ».

M. Michel Issindou. Citer Jaurès vous va très mal !

M. Jacques Bompard. La Patrie, madame, c’est la terre des pères, c’est la terre d’une famille et d’une lignée. La famille, alors que vous jetez le pays dans une crise effroyable, est tout ce qu’il reste aux plus vulnérables. La famille, liée par la filiation et les liens du sang, est le premier lieu de la solidarité, le dernier recours des prolétaires face à l’abandon de l’État que vous orchestrez.

Votre prétendu mariage n’est qu’une triste comédie. Il est l’annonce effrayante d’une société post-moderne qui aura pour seule aspiration la jouissance. Hélas, la réalité que vous ignorez vous rattrapera. Le mariage n’est pas une question de romantisme et d’amour dégoulinant, sa vocation est claire : procréer dans le cadre familial. Cette réalité, je le sais, est rude pour vos esprits déformés. (Rires sur les bancs du groupe SRC.)

Non, la justice, ce n’est pas votre monde idéal et angélique où il sera bientôt possible d’acheter et de jeter des bébés à sa convenance, selon son bon plaisir.

M. Michel Issindou. Quel poète !

M. Jacques Bompard. Derrière votre nouvel assaut contre les fondements de la société, une kyrielle de mesures arrive. Bientôt, nous les verrons, ces mariages à plusieurs, ou avec son n’importe quoi préféré du moment ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)

Le Président de la République a refusé d’entendre les millions de manifestants…

M. Carlos Da Silva. Les milliards !

M. Jacques Bompard. …qui ne cessent de défiler pacifiquement, depuis maintenant six mois. Vous avez orchestré un véritable coup d’État au Sénat, sous les yeux éberlués de l’opposition. Vous avez décidé d’accélérer la deuxième lecture à l’Assemblée nationale, en bousculant le calendrier, et de nous imposer le temps programmé pour l’examen du texte en deuxième lecture.

Les députés non-inscrits seront ainsi dans l’impossibilité de défendre le moindre amendement lors de l’examen des articles. J’en ai déposé plus d’une cinquantaine, je ne pourrai en défendre aucun. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Je sais que cela vous fait plaisir. Mais laissez-moi au moins finir mon discours !

Mme Laurence Dumont. Abrégez-le, et vous disposerez du temps nécessaire pour défendre vos amendements !

M. Jacques Bompard. […]

Vous nagez dans l’autosatisfaction. Vous nous avez dit hier que vous aviez supprimé la peine de mort. Mais où ? En France, on assassine et on viole, tous les jours, quasi impunément. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Eh oui !

M. Carlos Da Silva. Faites attention à ce que vous dites, tout de même !

M. Jacques Bompard. […]

Vous méprisez le bon sens, les lois de la nature et de la vie. Vous détruisez la société que vous prétendez défendre. Après l’expression satisfaite de votre orgueil, cela se marque par la répression la plus brutale.

Dimanche soir, vous avez placé en garde à vue pendant plus de dix-sept heures 67 jeunes pacifiques (Exclamations sur les bancs du groupe SRC),…

M. Christian Assaf. C’est de l’ordre, ça !

M. Jacques Bompard. …qui campaient près de l’Assemblée, sur une place qui accueille des manifestations quasi quotidiennes.

Dimanche soir, toujours, un cameraman de la télévision russe a été arrêté alors qu’il filmait une scène de rafle…

M. Sébastien Pietrasanta. N’employez pas ce vocabulaire !

M. Jacques Bompard. …devant la Salle Pleyel. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) La batterie de sa caméra lui ayant été confisquée, il a porté plainte auprès de l’Inspection générale des services. La garde à vue des jeunes gens arrêtés avant-hier à Versailles a été portée à quarante-huit heures. C’est grotesque !

Mme Marie-Anne Chapdelaine. Et vous nous accusez de laxisme ?

M. Jacques Bompard. Certains manifestants assis dans l’herbe ont été garrottés et traînés par les cheveux ou la bouche. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) Eh oui ! Un manifestant a été tabassé sous les yeux de mon collègue Poisson, puis attrapé par les testicules.

Mme Marie-Anne Chapdelaine. Il faut arrêter le délire !

M. Jacques Bompard. Il s’est vu accorder deux jours d’ITT par le médecin urgentiste et a décidé de porter plainte.

Ces quelques exemples sont loin d’être exhaustifs, mais ils sont très représentatifs de votre dérive antidémocratique et totalitaire.

M. Jacques Bompard. Votre régime est en train de sombrer dans la brutalité de la répression.

M. Michel Issindou. Ça vous va bien !

M. Jacques Bompard. Ressaisissez-vous ! Vous ne pouvez pas continuer sur cette voie et vous satisfaire d’organiser des rafles d’opposants.

M. Sébastien Pietrasanta. Cessez avec ce vocabulaire !

M. Jacques Bompard. Les fonctionnaires de police affectés au commissariat de la rue de l’Évangile – où sont parqués vos prisonniers politiques – ont témoigné de leur ras-le-bol devant le sale boulot que vous leur demandez de faire.

Jusqu’où irez-vous ? Attendez-vous que la police refuse d’obéir à vos ordres absurdes ? Attendez-vous qu’il y ait un mort pour accepter d’entendre enfin la colère populaire ?

Cessez de mépriser les Français, sortez par le haut de cette crise, soumettez votre texte à un référendum ! Le référendum est désormais la seule solution pour sortir la France de la crise majeure dans laquelle vous l’avez fourvoyée. Il représente le seul moyen de rétablir démocratiquement la concorde nationale. Cessez d’avoir peur du peuple. Écoutez-le, tout le monde en sortira grandi !

Nombre d’entre vous ne croient pas aux miracles. Pourtant, vous êtes en train d’en réaliser un : vous mobilisez massivement – ce que je croyais impossible – la jeunesse de France contre vous. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)

M. Nicolas Bays. La jeunesse de Neuilly et de Versailles !

M. Jacques Bompard. Pour cela, je vous félicite, et même, je vous remercie !